Publié le 20 Mar 2019 à 11:19

Volkswagen SP2 : coupé Do Brazil

Méconnue en Europe, la Volkswagen SP2 est un coupé à vocation sportive produit au Brésil dans les années 70. Bien que sous motorisée, la SP2 reste une réussite au niveau du style et inspirera une descendance prestigieuse.

Volkswagen SP2 : coupé Do Brazil

Quand on est passionné d’automobile, ce n’est pas tous les jours que l’on découvre une nouvelle voiture vieille de quasiment 50 ans !
C’est pourtant ce qu’il m’est arrivé, je ne prétends pas avoir une connaissance encyclopédique du sujet bien sur, mais ignorer totalement l’existence d’une Volkswagen qui plus est, je ne m’y attendais pas. À ma décharge il s’agit d’un modèle produit exclusivement au Brésil pour le marché brésilien, un coupé peu puissant mais terriblement attachant.

Volkswagen SP2

Vu sous cet angle, la SP2 est particulièrement sexy !

Le marché brésilien

Dans les années 70, il est interdit aux constructeurs automobiles étrangers d’importer leurs véhicules sur le sol brésilien, une mesure destinée à encourager et soutenir la production locale. Il était donc impératif pour les marques qui souhaitaient investir ce marché grandissant d’implanter leurs sites de production sur place, ce que fit Volkswagen, notamment, avec sa filiale Volkswagen Do Brazil, qui, à l’aide de sa coccinelle et de ses dérivés ne tarda pas à dominer le marché.

Parmi les véhicules de grandes séries, quelques sportives ont émergé, comme la Puma produite par un constructeur Brésilien avec des pièces VW entre autres, ou encore la Willys Interlagos, qui n’est autre qu’une Alpine A108 produite sous licence.

La réponse de Volkswagen

Volkswagen SP2

« La grande arrivée » selon Google translate…

Basée sur la plateforme de la Variant (Type 3), Volkswagen Do Brazil, va présenter un premier concept car de la SP (pour São Paulo) en 1971, sous l’impulsion du patron de VW DO Brazil, Rudolph Leiding et de son designer Marcio Piancastelli.

Le remarquable travail de design trouve ses inspirations dans les stars de l’époque (qui le sont toujours aujourd’hui !), telles que la Jaguar Type E ou la Toyota 2000 GT, Piancastelli réussit le tour de force de créer une voiture sportive et dans l’air du temps sur la plateforme contraignante de la Type 3, avec par exemple son moteur en porte-à-faux arrière.

Volkswagen SP2

« Le sport le plus excitant de ce pays », toujours Google translate…

Deux versions seront produites, nommées SP1 et SP2, la SP1 en entrée de gamme était équipés du quatre cylindres à plat 1.6l de la type 3, qui produisait 65 chevaux, alors que la SP2, quant à elle, était motorisée par le même « Flat 4 » mais avec une cylindrée de 1.7l qui lui permettait de développer 75 chevaux.
Les piètres performances de la SP1 vont très vite mettre fin à sa production, après seulement 88 véhicules sortis des usines.

Pas beaucoup plus performante, avec un 0 à 100 effectué en 16 secondes et une vitesse maxi d’environ 160 km/h, la SP2 doit faire face à une concurrence plus affûtée, la Puma, par exemple, qui est également propulsée par un quatre à plat VW, est plus légère. Le succès espéré ne sera donc pas au rendez-vous et la production sera stoppée en 1976 après seulement trois ans et un peu plus de 10 000 exemplaires sortis des usines.

Inspiration pour la Porsche 924

Porsche 924 - conception

La Porsche 924 quand elle était encore une Volkswagen

Bien qu’elle n’ait pas eu le succès escompté, la SP2 et son design ont fait du bruit du côté de Wolfsburg, en effet Rudolph Leiding, désormais à la tête de Volkswagen monde, a ramené du Brésil les plans du coupé SP qu’il avait imaginé.
VW va alors mettre sur pied un projet de coupé sportif, en collaboration avec Porsche, au design inspiré de la SP, mais avec le moteur situé à l’avant et une puissance plus en adéquation avec sa vocation.

La crise pétrolière étant passée par là, Volkswagen devra revendre le projet à Porsche, qui sortira la 924 en 1976.

Source : Silodrome